Comment semer des graines d’amour durant une pandémie?

Hommage aux anges gardiens de la santé
avril 15, 2020
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Comment semer des graines d’amour durant une pandémie?

Avons-nous oublié d’être humain?

La pandémie actuelle me fait beaucoup réfléchir. Que ferons-nous pendant et que serons-nous après?  J’ai pu sauver ma mère de cette pandémie dévastatrice. Elle est morte bien

Une chose est certaine, nous vieillissons et nous allons tous tôt ou tard mourir un jour. La vie est ainsi faite et c’est ce qui fait en sorte qu’un grand nombre de personnes apprécie autant chaque instant de la vie. Mais comment l’apprécier quand on ne peut pas sortir de chez soi? Comment créer des souvenirs mémorables avec ceux qu’on aime? Comment ne pas sombrer dans la détresse psychologique de la solitude? 

 

Avez-vous pensé à ce que vous pourriez faire pour rendre le confinement moins lourd pour ceux que vous aimez et qui sont seuls à attendre que la tempête passe? Peut-être sont-ils effrayés? Peut-être se sentent-ils encore plus seuls qu’avant, maintenant que personne ne les touche, qu’ils ne peuvent plus sortir comme avant pour prendre l’air et se dégourdir?  Ce sont des petits détails qui font une énorme différence sur le moral et la santé mentale de tout le monde.

 

Rappelons-nous que nous sommes là, à distance, mais là tout de même, pour apporter du réconfort et beaucoup d’amour à tous les jours.

 

Tasser de la main la vieillesse

Les aînés sont les grands oubliés de notre société. Ils sont trop souvent négligés, abandonnés et contraints de vivre, lorsqu’ils deviennent invalides, dans des situations, on ne doit pas se le cacher, affreusement déroutantes. Je parle de ma propre expérience avec ma mère, qui a frôlé la mort, et que j’ai dû placer dans un CHSLD à l’âge de 62 ans. À cette époque, je venais d’avoir mon deuxième bébé et je m’occupais de deux enfants en bas âge. Je prenais en plus soin de ma maman que j’adorais et qui était extrêmement vulnérable, à cause de la maladie pulmonaire dont elle souffrait : l’emphysème. La décision que j’ai dû prendre a été déchirante. Je comprends tous ceux qui sont à bout de ressources et de souffle pour aider leur parent, leur conjoint ou leur enfant aux prises avec une maladie chronique.

 

Sa sécurité avant tout, mais pas son bonheur

Le CHSLD prodiguait des soins à ma mère sur une base quotidienne. Elle était alitée 24 heures sur 24 et avait besoin de soins constants. Je me sentais rassurée de la savoir entre bonnes mains. Mais ça n’a pas toujours été le cas. On entend souvent des histoires d’horreur, on pense que ça n’arrive qu’aux autres, mais ce n’est pas le cas ici. Ma maman était consciente de tout et elle était peinée de voir que certaines préposées subissaient de la violence verbale et physique de la part de nombreux résidents. Elle avait beaucoup d’empathie et ne se plaignait pratiquement jamais. Mais elle me racontait tout. Et j’en avais le coeur brisé, parfois. 

 

Il y avait ceux qui étaient de passage. Des préposés embauchés à contrat et qui ne se souciaient pas toujours des malades. Les personnes âgées placées en institut ne sont pas des numéros, mais certains employés l’oubliaient. Ce n’est pas la majorité, j’en conviens, et heureusement. Mais malheureusement, cette minorité marque les esprits pour toujours.

 

Je n’entrerai pas dans les détails ici. Ce n’est pas le but de mon discours. Je cherche plutôt à faire prendre conscience de cette réalité qui nous échappe et qui nous frappera en plein visage, comme aujourd’hui avec la pandémie. Nos aînés sont-ils traités comme il se doit, jusqu’au bout? Est-ce que c’est possible de le faire? Avons-nous oublié qu’il y a des êtres humains sensibles à l’intérieur de ces corps malades? Il y a urgence, mais faisons-nous en sorte de les rassurer, de les réconforter du mieux que l’on peut avec le peu de temps qu’on a? Est-ce que quelqu’un se pose ces questions essentielles?

 

Semer des graines d’amour en nous

 

La pandémie mondiale nous apporte du bon. Je vois les gens reconsidérer des manières de vivre et de penser. Les gens sont solidaires et apportent leur aide et leur soutien de toutes sortes de manières extraordinaires. Grâce à toutes ces actions et à tous ces gestes, je perçois la vie avec encore plus de bienveillance et d’amour. Je considère encore plus que la sagesse et l’expérience de nos aînés sont réellement précieuses pour l’humanité. Leur bonheur devrait être non négociable. Personne ne devrait avoir à mourir seul s’il souhaite être entouré de ses proches. Mais comment peut-on faire ceci durant une crise comme celle que l’on vit présentement? Tout le monde devrait avoir une place importante au sein des communautés. On cache la réalité des gens qui vieillissent, on les marginalise et, inconsciemment, nombreux sont ceux qui finissent par les trouver peu dignes d’intérêt. 

 

Ne soyons pas indignes

«Si jeunesse savait, si vieillesse pouvait, rien ne se perdrait.»

Henri Estienne

On valorise la jeunesse au détriment de la vieillesse. Par contre, ce n’est pas comme ça dans toutes les sociétés. Il faut voir comment vivent les aînés ailleurs. Et si la solution se trouvait des deux côtés? Jeunes et vieux qui partagent l’espace actif de la vie et s’entraident au quotidien. Si on accordait une place privilégiée à tous ceux qui ont quelque chose à apporter, à dire, à partager? Si on devenait un modèle pour nos jeunes en mettant de l’avant la valeur profonde de nos aînés? Et si on prenait le temps de les découvrir et de les écouter autrement, notre monde aurait un visage bien différent de celui d’avant. Et ce serait beaucoup mieux ainsi, finalement, vous ne trouvez pas ?

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